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Bruit du frigo

 

intervention au love :

Collectif Bruit du Frigo


"Si le développement des projets démocratiques reste un enjeu de nos sociétés alors de nouvelles formes d'urbanités restent à inventer. Un nombre croissant d'individus devrait trouver les possibilités d'avoir prise sur la fabrique permanente du monde où l'on vit."


Bruit du frigo est un collectif pluridisciplinaire regroupant une équipe de professionnels issus de champs variés : architecture, urbanisme, arts plastiques, cinéma, communication, animation, géographie, graphisme, histoire, paysage, sociologie, théâtre, vidéo…


Hétérotopique, son activité est un hybride entre bureau d'étude et médiateur urbain, entre éducation populaire et développement culturel, entre création artistique et programmation …
Interventions dans l'espace public, ateliers participatifs, assistance au développement territorial, actions artistiques, le dénominateur commun de ce projet éclectique et multiforme interroge le Territoire Habité, les récits et pratiques qui le traversent et les conditions de son évolution.


Bruit du frigo cherche à construire des situations et des dynamiques susceptibles d'ouvrir à chacun la possibilité d'exercer une curiosité critique sur son quotidien et de s'impliquer dans les processus qui le transforment.
Cette démarche pratique couramment la remise en en question des "programmes et programmations" qui conditionnent les formes et fonctionnements de nos espaces aménagés.


Mener une exploration du quotidien amène à défricher des territoires d'invention potentielle. Il s'agit d'y tester des usages possibles pour continuer à inventer les conditions de la conversation entre les êtres et les lieux. Investir des contextes, aménager des situations collectives.
Mettre en relief des morceaux choisis de l'ordinaire, permet de retourner vers l'espace connu avec un regard plus aiguisé sur ce que l'on peut attendre de notre cadre de vie, où la sociabilité est largement instrumentalisée par les lieux de consommation.


La spécialisation des savoirs et savoir-faire, le cloisonnement des pratiques et des métiers appliqués au cadre de vie appellent à être rééquilibrés par des fonctionnements collectifs cherchant à construire des compétences partagées.
Dans cette optique chaque projet combine les compétences adéquates pour aborder les enjeux spécifiques d'un contexte avec le souci de définir des modes de travail de conception et de résolution prenant en compte et les usagers.


"où nous intervenons, nous essayons d'associer ceux qui transforment une situation et ceux qui la vivent."`

 

îi

 

Réalisation précédente:

 

 

Une belle initiative
RENCONTRE AVEC L’ASSOCIATION "LE BRUIT DU FRIGO" H’Nord, le 5 Octobre 2004
Milles excuses si je suis un peu long. J’étais chargé par les Verts de H’Nord de rencontrer cette association. Voici un compte rendu de notre entretien.
L’ Association "Le Bruit du Frigo" c’est le boulot accompli depuis 1997 par trois architectes, deux plasticiens, un urbaniste, un vidéaste et une secrétaire partagée avec d’autres assos.... avec pour ressources, moitié de subventions (Emplois, DRAC, Conseil Général...), moitié de prestations (Ateliers Pédagogiques, Communes, Centres d’Art, associations...). L’Association n’arrive pas à travailler avec la Mairie de Bordeaux qui n’a pas "la même manière de voir les choses" et pour cause ... "Le Bruit du Frigo" axe son action vers la Politique de la Ville (nous verrons ci-aprés), mais se refuse à produire des études, toutes ses démarches sont tournées vers l’habitant, véritablement de la "démocratie participative".
Discussion avec Yvan Detraze, architecte et animateur de l’association.
Des exemples d’action de l’association :
Le "Groupe de Veille" instauré pour mettre en place le jardin du Centre Social de Bordeaux Nord : une friche vertes en ville entre Centre Social et Ecole Dupaty promise à l’urbanisation, que les habitants du quartier ont contourné en espace vert maintenu. (C’est là que nous avons connu l’association en venant planter avec eux le premier arbre du jardin). La Mairie a fini par donner son aval au projet, par l’intermédiaire de Madame Faillet. Le premier réflexe a été de vouloir tracer un jardin, façon square de jardin public. Le Bruit du Frigo a alors pu "transgresser" le projet, en faisant une création populaire et collective, créatrice d’espaces à imaginer. Réalisation à venir. Bonne chance, et à suivre ...
Commune de Boulazac, le "Mérignac de Périgueux". Avec l’appui du Centre Culturel de l’Agora et du Centre Social Mosaïque : objectif, restructuration de la Cité HLM de "Pey Harry". Le Bruit du Frigo s’est installé dans un appartement de la Cité pour vivre avec les habitants durant la réflexion portée par les gens eux-mêmes sur la vie à Boulazac. Un artiste a réalisé durant ce temps des "oeuvres de questionnement" (point d’interrogation suspendu dans le tunnel SNCF glauque qui permet d’accéder à la Cité...) Les gens se sont prêtés à des pratiques de randonnées de deus jours en bivouac afin de trouver et d’inventer des cheminements peri-urbains et de découvrir leur territoire. Malheureusement la démarche mal suivie par la municipalité n’a abouti qu’à de mauvaises réponses de sa part : passerelle sur la rivière "Le Manoir", projet d’une marina "pour les petits canards" sur la retenue d’eau du ruisseau ...
Découverte du quartier de Bordeaux St. Michel ; excellent travail démarré avec le Club de Prévention PRI St. Michel auprès des scolaires. On a démarré sur une place en conviant les gens qui prenaient des pots à discuter, en faisant le tour des bistrots. Puis on a institué des ateliers pédagogiques avec les jeunes en faisant des promenades, des déambulations dans le quartier, dessinant des affiches, rencontrant les associations, les administrations présentes... Le Club de Prévention s’est malheureusement écroulé sous les coups du CALC et de "Boulevard des Potes". On n’a pu aller jusqu’au bout, jusqu’à une réelle expression des habitants sur leur quartier.
Nous avons cru également au travail entrepris sur la Ville de Lormont afin de faire participer les habitants à la restructuration du quartier Curriet. Nous avions bien prévenu la Commune que nous entreprenions un travail sur le long terme (4 ans environ). Les politiques ne comprennent rien à la PARTICIPATION, ce qu’ils connaissent c’est la COMMUNICATION, ils bénéficient d’excellentes officines pour cela. Ils confondent totalement participation et communication. Nous avions averti, et finalement n’avons pas été compris. Nous avons entamé une première tranche d’intervention sur huit mois, en faisant le tour de la commune, des comités de quartier, installant un point rencontre buvette sur les places pour rencontrer les habitants. Nous avons réalisé 50 audits, à savoir : comment sauraient s’impliquer dans la démarche élus, techniciens municipaux, associations, bailleurs, police, commerçants, grandes surfaces ... Nous avions alors en main un état des lieux, un repérage parfait. Nous avons alors proposé trois hypothèses de concertation :
  A un extrême une "hypothèse 0 risques" où le Maire est le Maître d’Oeuvre de la consultation
  A l’autre extrême une hypothèse 100% de risques" où ce sont les associations qui sont maître d’oeuvre. A votre avis, quelle a été l’hypothèse retenue ? Mais avec fourberie. Pendant un an nous avons pu oeuvrer avec un bus qui se baladait dans les quartiers, des outils visuels ... nous affirmions que "la ville de Lormont doit se gérer dans la continuité avec sa population"... puis nous avons obtenu l’embauche d’une personne pour animer cette consultation permanente... et là nous avons été en face d’une superbe erreur de recrutement comme seuls les politiques savent faire : nous avions formé une personne locale qui connaissait parfaitement les comités de quartier, la commune a préféré l’embauche d’un entraîneur de hand ball ! ! Le bruit du Frigo n’a alors plus eu de soutien, a été expulsé de la concertation. La "participation des habitants" est alors devenue institutionnelle. Formidable et confortable reprise en main ! Le projet s’est arrêté au moment où il aurait fallu mettre autour de la table élus, population, techniciens ... "Donner envie de participer ... c’est long. Pour le bien commun, c’est encore plus long !" Nous aurions eu besoin d’au moins trois ans encore à Lormont pour faire prendre les choses... pour amener les gens jusqu’aux projets de terrain. il n’y a pas de fin en fait à cette démarche dans laquelle nous constatons un formidable attachement des gens à leur territoire.
Notre action s’appuie sur deux piliers :
  Créer des Ateliers Publics formels
  Animer des actions de terrain. "dans le but de faire un état des lieux collectif et partagé". Les moyens : voir ci-dessus, et promenades sur les marchés, discussions, provocations, rendez vous ou rencontres fortuites, "café à paroles" dans un Centre Social, déambulations diverses ... créer une dynamique réelle, aboutissant à un bilan à travers un atelier public, bilan qui soit une photo, une image de ce que les gens vivent dans leur quartier, ce bilan c’est un grand rassemblement de données. A travers nos expériences, nous avons noté une très grosse sensibilisation des gens sur l’environnement (espaces verts notamment), peu d’évocation des problèmes de sécurité. Après le bilan, il faut "renvoyer l’ascenseur" aux gens que nous avons rencontrés :
  demander aux bailleurs des réponses aux problèmes évoqués
  demander aux élus des réponses aux préoccupations évoquées, par exemple à travers un journal diffusé qui exprime des questions/réponses.
Que pensez vous du dossier sur la Culture fait par les Verts de Bordeaux ? "On n’a pas appris grand chose" : nous étions éclairés par des événements comme la suppression de SIGMA, l’essoufflement du CAPC ... toutefois la conclusion "est implacable". Malheureusement "la Mairie de Bordeaux n’est pas en position de faiblesse. Ils sont confortés par le succès de ce qu’ils font fonctionner" : la fête du vin et du fleuve, Nov’Art... leur but est de mettre des milliers de gens dans les rues, ce n’est pas de faire de la culture d’avant garde. L’étude des Verts est un "argument politique", ce n’est pas un outil, d’ailleurs ce ne serait pas du rôle d’un Parti.
Conclusion : aujourd’hui les temps sont très durs ! Les subventions diminuent, les ateliers pédagogiques sont exsangues, il n’y a plus de budgets municipaux pour la culture et l’accompagnement. Ce sont les "hauts et les bas de la démocratie participative" qui va de paire avec les modes des "démarches innovantes". Les élus sous-estiment totalement ces interventions dans la "politique de la ville", ils mésestiment les compétences des intervenants, la quantité de travail à fournir, alors que pour la communication, la publicité, les affichages ... rien ne suffit.
Le bruit du frigo insiste et poursuit ses projets, par exemple :
  Ouverture d’un café / expo
  Création d’un pôle culturel en cour à travers une fédération d’associations et d’individus.
C’est bien ainsi que je conçois également la "politique de la ville" Marc Lasaygues

 

 

 

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